Déclaration du Parti SADI contre les expulsions de nos compatriotes de Libye dans la nuit du 03 au 04 mai 2010. Écrit par le secrétaire à la communication du SADI, Nouhoum Keita, pour le Bureau National.
La jamaharia Arabe Libyenne Populaire et socialiste vient encore de s’illustrer tristement à travers de nouvelles expulsions brutales, sauvages et inhumaines de nos compatriotes, devenus des cibles de choix des autorités libyennes qui étalent chaque jour leur mépris royal de leurs droits les plus élémentaires.
Dans la nuit du 03 au 04 mai 2010, ils étaient 150 maliens largués à l’aéroport international de Bamako-Senou par des avions spécialement affrétés par l’Union Européenne, dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique d’externalisation qui consiste à faire exécuter par certains pays du pourtour méditerranéen, la politique de répression systématique et de négation absolue des droits de travailleurs immigrés.
La plupart de nos compatriotes ont été arrêtés à Tripoli et d’autres grandes villes du Pays dans les foyers ou sur leurs lieux de travail. Ils sont ensuite dépouillés de tous leurs documents administratifs (cartes de séjour, passeports, permis de travail..), de leur argent, et comble de cynisme, filmés au bord de la mer, dans une parfaite mise en scène, pour montrer à l’Union Européenne l’efficacité des mesures sécuritaires contre l’immigration clandestine !
Les délais de détention de nos compatriotes varient de 3 mois à 5 ans et les conditions sont horribles : entre 100 à 150 personnes entachées par cellule avec une absence totale de soins sanitaires, une nourriture insuffisante (seulement une fois par jours et à 23 heures), des actes de torture perpétrés par les gardiens contre les prisonniers qui ne bénéficient d’aucune protection. Plusieurs maliens sont morts en détention dans les prisons libyennes : Kamissa Mama Keita, 27 ans, originaire de Koulounikoto (cercle de Kita) décédé le 21 août 2008 dès suite d’une attaque cardiaque, Salif Aly Traoré, 32 ans, décédé le 15 décembre 2009 par manque de soins, Adama Sidibé, 33 ans, originaire de Dioïla, décédé le 25 avril 2010.
Un autre expulsé, du nom de Modibo Keita est resté à l’aéroport de Tripoli dans un état très préoccupant au moment des expulsions. Il faut préciser que les corps de nos compatriotes décédés se trouvent gardés dans les morgues des hôpitaux et les autorités libyennes n’ont rien entrepris pour les restituer à leurs familles. Selon des témoignages recueillis auprès de nos compatriotes expulsés, 150 autres maliens se trouvent emprisonnés en Libye.
Voilà la politique d’unité et de solidarité du Guide de la révolution libyenne ! Les autorités maliennes comme à l’accoutumée se livrent à leur exercice favori : celui de ne rien voir, ne rien dire et ne rien entendre de ces atteintes inadmissibles aux droits de nos concitoyens et continuer à obtenir les mannes financières de leur « ami et frère ». Servilité oblige !
- Le Parti SADI condamne fermement les expulsions barbares et inhumaines des maliens par les autorités libyennes et interpelle le guide de la révolution qui flétrit au pied ses déclarations sur l’unité africaine ;
Interpelle la Commission de l’Union Africaine et tous les démocrates du Continent sur ces atteintes graves aux droits de l’Homme ;
Condamne sans réserve ce silence assourdissant du Gouvernement malien qui s’apparente à une complicité active, quand on sait que le Président du Mali Amadou Toumani Touré fait de fréquentes visites en Libye et ne cesse de louer les mérites de la coopération entre nos deux pays ;
Exige la restitution des biens spoliés de nos concitoyens, la fin des rafles aux relents racistes dans les foyers ainsi que le climat de terreur instauré par les autorités libyennes.
fr
Nos partenaires
Les Amis de Kayira
?
|
OPML
?
