Ministre malien de la Santé au Canada
dimanche 9 mai 2010 par Marilyn Marceau
Les ministres du développement du G8 étaient réunis à Halifax, en Nouvelle-Écosse, au Canada, à la fin avril pour élaborer des propositions sur comment améliorer la santé des femmes et enfants dans les pays en voie de développement. Leurs recommandations seront débattues lors du G8 en Ontario, en juin prochain.
Quelle ne fût pas ma surprise, un matin, d’apprendre que le ministre de la Santé du Mali était présent, ici, dans ma ville, à mille lieux de Bamako ! Quelle belle occasion de pratiquer mon bambara, me suis-je dit.
Oumar Ibrahima Touré était le seul représentant des pays du tiers monde à assister à des discussions concernant … le tiers monde.
Il est venu dire aux directeurs d’agences d’aide internationale comme USAID et à la ministre canadienne de la coopération internationale, Bev Oda, ce qui, selon lui, doit être fait pour améliorer la santé des femmes et des enfants.
Il s’est ensuite prêté à l’exercice du point de presse, devant des médias nationaux canadiens et des grandes agences de presse internationales assoiffés de nouvelles, les ministres du développement du G8 étant très avares de commentaires.
Cette journée-là, Oumar Ibrahima Touré ne représentait pas juste le Mali, pas même juste l’Afrique de l’Ouest, mais l’Afrique au grand complet. « Comment pouvez-vous assurer aux 8 pays donateurs que l’argent destiné à améliorer la santé des femmes et des enfants ne sera pas détourné par des gouvernements africains corrompus ? », a demandé un des journalistes.
Dans sa réponse, pas une seule fois le ministre n’a dit le mot corruption. Il a parlé de « problèmes ». « Il y a, dans quelques pays, des problèmes », a-t-il dit prudemment. Mais pas au Mali, s’est-il empressé de dire.
Je me suis entretenue avec le ministre après le point de presse. J’ai bien sûr commencé la discussion avec un échange de salutations, question de remplir la mission que je m’étais donnée le matin : parler bambara ! Le ministre et son associé sentaient le Mali, leur parfum ou savon, sûrement.
La conversation s’est terminée sur un autre courtois échange en bambara. Cette rencontre m’a rappelé le Mali, mais pas la chaleur de ses habitants, cadre professionnel oblige...
p.s. Pour les curieux vestimentaires, non, il ne portait pas de boubou.
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