mardi 22 février 2005
Si la politique de décentralisation consiste à ramener le pouvoir de décision au niveau des communautés locales, sa matérialisation et sa consolidation dépendent largement des canaux de communication existant à l’échelon communautaire. En effet, beaucoup de programmes de développement locaux ont pu être réalisés grâce aux supports médiatiques offerts par les radios locales et communautaires qui ont permis aux populations cibles de s’informer et d’échanger. Notre réseau (Kayira) entend bien continuer cette mission d’information, d’éducation et de communication de proximité dans le domaine du droit positif au Mali. Autrement dit, notre ambition est d’appuyer à présent, parallèlement à la lutte contre la pauvreté et le SIDA, la lutte contre l’obscurantisme juridique dans lequel baignent la plupart des communautés aussi bien urbaines que rurales.
En effet, la décentralisation n’a de sens que si elle permet à celles-ci de s’émanciper sur le plan politique, économique, mais aussi sur le plan juridique. Notre propos ici, est de parvenir à démocratiser la règle de droit et d’en faire un outil de proximité.
A Bamako, les expériences comme les "boutiques juridiques" et "les cliniques juridiques", ou encore les "kiosques juridiques" ont été assez révélatrices, car elles ont pu démontrer à quel point le déficit d’information est important en matière juridique et judiciaire au niveau des populations, toutes catégories socio-professionnelles confondues.
Cependant, l’allure luxueuse des bâtiments abritant ces boutiques et cliniques juridiques ou encore le nombre insuffisant des kiosques juridiques n’ont pas permis à un pourcentage élevé de citoyens à l’intérieur de chacune des communautés cibles d’avoir le droit et l’information juridique à portée de soi.
Outil de proximité de première importance, la radio apparaît alors comme un élément incontournable pour rendre accessible aux différentes couches des populations locales les plus reculées, l’ensemble des textes et lois, l’ensemble des règles de procédures juridiques et judiciaires qui régissent leur vie et leurs activités au niveau et à l’extérieur de leurs communautés.
Les problèmes spécifiques qui ont été sélectionnés pour être résolus
1)Informer et sensibiliser, mobiliser les femmes et les hommes sur leurs droits et devoirs de citoyens et de justiciables dans :
Une cinquantaine de communes urbaines et rurales dans la région de Koulikoro et le district de Bamako à partir de la station Kayira I
Trente six communes rurales dans le cercle de Koutiala (région de Sikasso) à partir de la station Kayira II
Trente deux communes rurales et urbaines dans le cercle et la région de Ségou à partir de la station de Kayira III
Trente trois communes rurales dans le cercle de Kita en première région à partir de la station Kayira IV
Treize communes rurales dans le cercle de Bafoulabé en première région.
2)Participer à l’éveil des consciences juridiques et civiques des populations dans les communes cibles.
3)Offrir un organe de proximité en matière d’information juridique et judiciaire pour rendre le droit accessible à tous.
4)Briser la chaîne de corruption et de clientélisme qui mine tous les compartiments de l’Administration d’état.
5)Contribuer à l’avènement d’une société juste et équitable pour tout citoyen, pour toute communauté.
Le Réseau Kayira se propose d’associer chaque groupe cible aux émissions prévues pour atteindre les objectifs ci dessus décrits, ce depuis leur conception jusqu’à leurs réalisations et animations. C’est dire que nous voulons rompre avec le schéma habituel des médias (un petit groupe qui sait et s’exprime, la grande masse qui écoute et consomme).
D’ailleurs à ce sujet, nous rappelons que nos clubs constituent les bases pour la vulgarisation de nos émissions et prennent beaucoup d’initiatives dans le cadre de nos campagnes d’information et de sensibilisation. Cela nous permettra ici, d’obtenir l’implication de tous les acteurs : les justiciables, les autorités, mais aussi les organisations sociales et professionnelles, etc. Les services disponibles seront :
L’information juridique et autres
Le conseil juridique et autres
L’animation juridique grand public
Expertise, orientation et conseil par rapport aux pratiques posées et vécues par les auditeurs.
L’évaluation des connaissances acquise par le jeu des questions réponses.
Le publi-reportage sur certaines affaires judiciaires.
L’accès à nos émissions est libre et égal pour tout le monde des contraintes liées à la pression de la demande détermineront les réamenagements à apporter à nos horaires. Ces émissions porteront sur le droit et le développement. Les branches de droit concernées, sont entre autre : les droits familiaux, le droit du travail, le droit foncier, le droit fiscal, le droit commercial, etc.
Le taux d’écoute de nos stations augmente
Accroissement du nombre des interventions dans nos émissions
Nos Clubs sont mieux structurés en Réseau.
Les justiciables sont mieux éclairés mieux informés et changent de comportement dans le bon sens
Les opérateurs économiques connaissent beaucoup moins de pression de la part des animateurs des services publics
Une tribune populaire existe au profit des commerçants des entrepreneurs, des industriels, des paysans, des hôteliers... etc.
Le droit est vulgarisé à tous les niveaux et le civisme évolue au niveau des uns et des autres.