samedi 30 septembre 2006
Ils étaient poursuivis pour « opposition à une décision administrative, diffusion de musique de nature à troubler l’ordre public ».
Amadou Nanko Mariko dit Papa Administrateur Délégué de la Radio Kayira de Koutiala, Sidi Traoré dit Maka Sidi, Mohamed Diakité dit Papus tous deux animateurs à Koutiala, et Boubacar Diarra membre des Clubs de soutien et affiliés à la Radio kayira de Koutiala, Yaya Coulibaly et Gaoussou Koita animateurs à la Radio Kayira de Bamako ont été réveillés aux environs de 4 heures du matin par l’administration pénitentiaire pour leur intimer l’ordre de quitter la prison et de rejoindre leurs domiciles respectifs. Visiblement, cette libération précipitée, et à une heure aussi inhabituelle (l’heure normale est de 8 heures du matin) est intervenue après que le Préfet, le Juge et le Maire, eurent mesuré l’ampleur de la mobilisation qui se préparait pour accueillir les six prisonniers devenus trop encombrants pour eux. Afin de contrer une telle éventualité, le Maire et le Préfet monteront sur leurs grands chevaux pour interdire toute manifestation dans la ville. Ils avaient déjà entendu la veille les échos du meeting tenu à Ségou par la Direction Générale du Réseau de Communication Kayira, qui avait drainé plus de six cent sympathisants et animateurs des Clubs de la ville.
Après plusieurs heures de tractions avec le Commissaire de Police, les surveillants de prison, nos camarades rangent leurs affaires à 6 heures du matin, et quittent leurs cellules, non sans repousser fermement une offre de service du Préfet Alassane Diallo qui avait mis à leur disposition son véhicule de fonction conduit en la circonstance par le Commissaire. Malgré l’insistance de ce dernier, nos camarades rejoindront à pied le domicile d’un des leurs, sous le regard impuissant de la police qui avait constitué une imposante escorte.
Lorsqu’à sept heures du matin le cortège de la Direction Générale du Réseau s’immobilisa devant la prison, elle trouva sur place le Commissaire et ses hommes. Après les salutations d’usage, le Commissaire, très mal à l’aise devant le Dr Oumar Mariko, qu’il avait d’ailleurs connu plusieurs années avant, l’informa du départ des pensionnaires.
Arrivée sur le site de la radio Kayira de Niono (contrainte au silence) la délégation comprenant outre le Dr Oumar Mariko, Mahamadou Diarra Coordinateur du Réseau, Mohamed Sadio Mady Kanouté Administrateur-Délegué de la Radio Kayira de Bamako, Nouhoum Keita Journaliste à la Radio Kayira de Bamako, Coulibaly Doh gestionnaire du Cybercafé du Réseau, procéda à des échanges avec les responsables locaux de la radio. Un meeting est improvisé ce jour de marché pour exorciser la peur que le Préfet, le Juge et le Maire avaient réussi à imposer aux populations de Niono. Au cours de ce meeting qui enregistra une forte participation (entre 500 et 600 personnes en majorité des femmes), le Dr Oumar Mariko fit la genèse de cette affaire qui avait pris une tournure politico judiciaire et entraîné l’arrestation, puis l’emprisonnement arbitraire des journalistes et animateurs du Réseau. Ces derniers par la voix de Amadou Nanko Mariko dit Papa avait fait valoir la solidité de leur engagement en faveur des paysans de la Zone de l’Office et de toutes les populations victimes de l’oppression administrative. Mahamadou Diarra fera part des revendications formulées par le Direction Générale du Réseau et adressées au Ministre de l’administration Territoriale et des Collectivités Locales au cours de l’imposante marche organisée à Bamako mercredi 21 septembre à savoir : le retrait de la plainte du Préfet, l’ouverture de la Radio Kayira de Niono.
C’est l’étape de Koutiala qui aura tenu toutes ses promesses. La libération des journalistes animateurs du Réseau fut accueillie dans une joie indescriptible. De Bla à N’Tarla en passant par Niassoumana, Zanzoni, Singué, la délégation de la Direction Générale a dû faire de nombreuses haltes pour présenter aux populations massées le long du trajet les « six combattants de la liberté » A 17 km de Koutiala, de longues files de véhicules, précédés par des dizaines de motocyclistes, et un détachement de chasseurs vinrent à la rencontre de la délégation. Devant une marée humaine impressionnante, Oumar Mariko descend de son véhicule sur une distance de 6 km et fit un bain de foule historique. Le visage rayonnant, et dominant de longs jours d’insomnies et d’activités débordantes, Oumar Mariko accéda aux nombreuses demandes d’accolades et de poignées de mains qui se multipliaient sur son passage au point d’amener le protocole à le jucher sur son véhicule littéralement submergé en la circonstance. Plus de 10.000 koutialais avaient bravé le soleil de plomb et le carême pour réserver un accueil chaleureux à la Direction Générale du Réseau et aux journalistes qui venaient de recouvrer la liberté...