mercredi 6 septembre 2006 par Mahamadou Diarra
Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales Bamako
Bamako le 02 Août 2006
Lettre N° 06/08/02
Objet : Information
Monsieur le Ministre, L’Association Radio libre Kayira a déposé auprès du Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies une demande de fréquence d’émettre pour une station radio qu’elle a voulu installer dans la ville de Niono région de Ségou. La demande a été déposée sous le numéro 3063 du 26 septembre 2005. L’Association Radio Libre Kayira a fini d’installer cette radio le 24 avril 2006 soit huit mois après le délai de dépôt de la demande de fréquence. Contre toute attente, 48 heures après les premières diffusions d’essai l’ordre nous a été intimé par le préfet de Niono d’arrêter toute diffusion. Nous avons saisi immédiatement le président du Conseil Supérieur de la Communication qui intercéda auprès du préfet conformément aux dispositions légales du décret N° 92 - 022 : Déterminant les conditions et procédures d’obtention, de suspension ou de retrait de l’autorisation de création de service privé de radiodiffusion sonore par voie hertzienne terrestre en modulation de fréquence. La radio continua ainsi d’émettre en fréquence d’essai. Le 17 mai 2006 une décision N° - 042/P-C N portant fermeture des radios libres Kayira et Seko portant le sceau du préfet de Monsieur Diallo nous parvient. Le préfet pris alors la lourde responsabilité de fermer notre station radio en faisant évoquer, non les lois relatives aux procédures d’obtention des fréquences des radiodiffusions FM mais plutôt des textes et lois relatives à son domaine de compétence et à son pouvoir.
De notre avis les motifs de la fermeture de la radio de Niono n’ont aucun rapport avec la loi. Sinon comment comprendre que depuis huit mois notre demande de fréquence ni de vous-même ni le Ministre de la Communication n’ait reçu de réponse ? Comment comprendre que deux radios FM créées par le Directeur de l’Office du Niger qui n’ont jamais fait de dépôt de demande de fréquence aient émis pendant au moins huit mois sans qu’aucune des autorités ne réagissent ? 72 heures d’essai d’émission ont suffi pour alerter toutes les autorités locales, nationales compétentes en dehors de tous délits de presse et occasionnées la fermeture de la radio Kayira !
Monsieur le Ministre lors des évènements douloureux du Nord nous vous avons vu prôner les vertus du dialogue, de la paix que nous saluons mais pensez vous que le dialogue avec respect des droits d’autrui ne doit être possible que lorsque des citoyens s’arment pour revendiquer leurs droits ?!
Nous rappelons une fois de plus Monsieur le Ministre que la fermeture de la radio Kayira avait été annoncée avant qu’on finisse l’installation par des milieux politiciens du Mouvement Citoyen qui évoque à qui veut l’entendre leur attachement à la politique de Amadou Toumani Touré (ce qui est de leur droit) et leurs déterminations à combattre y compris avec les moyens de l’Etat, toutes prises de positions opposées ou critiques à cette politique. Ces milieux se confondent à ceux qui torpillent les droits des paysans à l’Office du Niger pour empêcher l’ouverture de la radio. Est-ce à dire Monsieur le Ministre que ceux qui respectent la loi et restent derrière la loi doivent être piétinés à cause de leur civisme par ceux qui abusent de leurs statuts et de leurs responsabilités ?
Monsieur le Ministre, la radio Kayira a fait des investissements importants pour l’achat de son matériel, son installation, dans l’infrastructure. La radio embauche dix agents pour une masse salariale de 700 000fcfa, paye l’eau électricité et la location à 100000f cfa par mois. Ces frais demeurent impayés sans activité. Vous aurez apporté ainsi à la démocratie malienne.
Eu égard à cette situation, il est difficile pour nous de la concevoir fermer. Nous vous demandons Monsieur le Ministre de bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour l’ouverture de la radio Kayira à Niono. Recevez Monsieur le Ministre en espérant que notre lettre attira votre attention et que vous prendrez des dispositions utiles, nous vous adressons nos salutations les meilleures.
Directeur Général
Dr OUMAR MARIKO