La Radio Libre Kayira

Les activités de la radio

lundi 21 février 2005

Activités d’animation, d’éducation, de développement et de défense le Réseau Kayira est une chaîne de radio de proximité, gérée sur une base associative et démocratique participative. Nos stations s’efforcent de participer activement à l’animation de la vie et des activité des communautés et groupes de base de leurs zones d’implantation. Le Réseaux Kayira couvre ainsi quotidiennement les besoins de distraction, de promotion culturelle, d’information, d’expression, de participation et d’éducation civique des populations Maliennes.

Notre réseau contribue de façon significative à la lutte contre les effets catastrophiques du libéralisme sauvage et des politiques d’ajustement structurel imposées à notre peuple par le FMI et la banque Mondiale. Ainsi, il fournit de l’emploi à une cinquantaine de jeunes diplômés et non diplômés, fait vivre indirectement plusieurs centaines de familles et appuie les activités génératrices de revenus des associations villageoises et autres groupes de base. Egalement, notre réseau a réussi à sortir de prison des paysans arbitrairement arrêtés.

Par notre action éducative et informative à travers nos émissions sur le droit et devoir des citoyen, maintes personnes ont su se défendre contre les abus du pouvoir surtout dans les villages où l’administration générale sévit sans aucun respect des lois du pays. Cette intervention multiforme a permis de susciter autour des différentes stations du réseau un véritable mouvement associatif, voire coopératif et culturel. En effet, le réseau compte aujourd’hui plusieurs dizaines d’associations d’auditeurs regroupant des centaines de membres à Bamako, Koulikoro, Ségou, Kita, Mahina et Koutiala : clubs de fidélité, d’animation de quartiers et villages, de soutien et de solidarité.

Grâce à l’animation et l’appui technique des stations locales de Koutiala et Ségou, des coopératives villageoises de production et d’approvisionnement se sont mises en place. A l’initiative des auditeurs peulhs, trois centres d’alphabétisation en fulfulde ont été créés en 1997 dans le district de Bamako. Animés par trois formateurs, dont une femme, ces centres totalisent à ce jour 65 auditeurs qui par ailleurs s’organisent présentement pour mettre en place diverses formes d’associations pré-coopératives. Kayira a formé des dizaines d’animateurs et de techniciens qui travaillent dans quatre autres stations de radio non-membres du réseau. Bon nombre d’administrateurs de radio de proximité du Mali ont acquis leur expérience professionnelle au sein du réseau Kayira. Certains éléments du personnel du réseau ont fait défection pour créer leurs propres stations de radio. Trois stations de radio sont aussi sorties des entrailles du réseau Kayira.

En plus de sa participation au développement de l’économie informelle populaire pour combattre la pauvreté et la misère, le réseau Kayira œuvre pour assurer la consolidation, la viabilité et la promotion du secteur de la radio associative et communautaire. Initiateur de la dynamique de structuration du secteur à travers la mise en place de l’URTEL, il mène régulièrement des activités de formation visant à renforcer les capacités techniques des radiodiffusions (notamment en matière de gestion). Notre souci permanent est la professionnalisation du secteur.

Outre ses activités radiophoniques, Kayira a initié ou participé à des campagnes d’information et de protestation contre :

 les violations des libertés individuelles et collectives (interdictions des marches, sit-in et autres manifestations publiques, arrestations de journalistes pour délits d’opinions, arrestations arbitraires de paysans..)
 l’excision des jeunes filles
 les politiques d’exclusion et d’expropriation foncière des populations notamment celles du district de Bamako
 l’expulsion illégale et inhumaine des travailleurs immigrés de France, d’Angola et d’ailleurs
 l’embargo criminel contre Cuba, l’Irak, la Libye, etc...

Radio Kayira n’hésite pas à débattre et à dénoncer les détournements des deniers publics, la corruption qui se sont amplifiés à un rythme éffréné depuis l’arrivée au pouvoir du président Alpha Oumar Konare (constitution d’une nouvelle classe de prébandiers, blanchiement d’argent, développement d’une bourgeoisie foncière et immobilière, notamment avec la création d’Agences comme l’ACI, l’AGETIP, le PMU-MALI, qui sont de véritable pompes à finances de l’ADEMA).

Le Réseau Kayira a dénoncé la mascarade électorale du scrutin législatif du 13 avril 1997 et de l’élection présidentielle du 11 mai 1997. Des membres du réseau Kayira sont également responsables et militants de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH).

Contraintes et difficultés liées à la ligne éditoriale de par ses activités de défense et de participation démocratique, notre réseau est reconnu par notre peuple comme la radio d’opposition, engagées aux côtés des démunis, des opprimés, des victimes de la politique d’exclusion du pouvoir. C’est en fait bien cela, sa vocation. Cela lui a valu d’être, depuis sa création, sujette à toutes sortes de répressions et d’agressions de la part du pouvoir en place. La liste est longue. A ce titre illustratif, mentionnons ici quelques agissements et voies de fait :

 Intoxication de l’opinion nationale et internationale (pour faire accréditer l’idée que radio kayira est une radio séditieuse)
 Asphyxie financière au moyen de pressions exercées sur les opérateurs économiques et autres bailleurs de fonds potentiels
 Agressions physiques contre la radio de Bamako et Koutiala et ses animateurs et techniciens
 Fermeture arbitraire de la radio de Bamako sur instruction du pantière Ministre (février 1994), suivie de quelques semaines après, d’une descente nocturne d’éléments de la Sécurité d’état armées de kalachnikov et de pistolets automatiques pour obliger le personnel à accepter manu militari une perquisition illégale, cela au nom de la raison d’Etat
 Brouillage permanents des émissions politiques et de grande écoute (Parole aux auditeurs)
 Coupures intempestives d’électricité
 Sabotage des équipements (causant plus de 6 millions de perte) commandité par la Sécurité d’Etat à la veille de l’élection présidentielle du 11 mai 1997, pour nous faire taire définitivement. Le procureur de la Commune I, saisi de l’affaire, l’a classé sans suite et a libéré purement et simplement les auteurs qui ont pourtant reconnu les faits.

Nous sommes calomniés, vilipendés et diabolisés par le pouvoir de la troisième République. Seul rayon de soleil au sombre tableau de nos relations avec le pouvoir : la subvention accordée par le chef de l’état à la presse dont notre réseau a bénéficié au même titre que nos autres confrères. Mais cet appui de circonstances est dérisoire au regard des préjudices causés et des difficultés économiques et techniques délibérément créées par le pouvoir.


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