samedi 20 mai 2006 par Siaka Z. TRAORÉ
Le Comité Syndical de la SOMADEX, malgré les multiples manoeuvres de la Direcction de la société ne perd pas courage. Il se dit déterminé à aller jusqu’au bout pour faire aboutir ses revendications. Il faut rappeler que depuis 2004, le Syndicat a déposé sur la table de la SOMADEX comme revendication le paiement de la prime de rendement (Voir suite du texte pour explication). Ensuite, en 2005 c’est une autre revendication qui est venue s’ajouter à la première, à savoir la regularisation des contrats falsifiés par le Chef Personnel Balamourou Diarra. Cette crise qui paralyse considérablement Morila ne va certainement pas prendre fin pour le moment. La Direction de la SOMADEX responsable de la crise que traverse la mine de Morila.
En effet, depuis le 14 septembre dernier, trente (30) ouvriers de la Société Malienne d’Exploitation, affiliée à la multinationale française Bouygues, ont licencié à tour de bras les travailleurs dont les contrats de travail ont été falsifiés pour les transformer en contrat d’essai de six (6) mois afin d’échapper à des cascades de procès et des condamnations certaines du Tribunal de Travail. Il faut préciser que certains travailleurs ont plusieurs années de service (entre 4 à 5 années). C’est le chef du Personnel de la SOMADEX Balamourou Diarra expert en filouterie, qui est l’auteur des contrats falsifiés. Il roule pour la mafia polico-administrative du Mali qui vit des miettes de la corruption et qui cherche chaque jour à négocier une position favorable dans le système de gestion clientélistet népotiste mis en place par l’Etat et alimenté par les sociétés multinationales qui pillent notre or et détruisent notre environnement. Accompagné d’un huissier de justice et des gendarmes de Bougouni, le chef du Personnel de la SOMADEX obligeait les travailleurs à signer les ruptures de contrat. Plus de 300 travailleurs ont été licenciés sans droits ni indemnités, et sur les 535 ouvriers de la Société, 80 agents seulement ont des contrats réels. Pour avoir refusé ces pratiques dignes d’une autre époque, les syndicalistes de la SOMADEX étaient pourchassés et mis en prison avec la complicité de la SECNAMI ( Section nationale des mines) dont certains dirigeants sont connus pour leur allégeance et leur collusion avec la société mise en cause.
La convention d’exploitation violée !
La réserve d’or de Morila est estimée à 120 tonnes. Au terme de la convention avec l’Etat Malien, l’exploitation des 120 tonnes doit s’étendre sur onze (11) ans à raison de onze (11) tonnes par an. C’est en fonction de ce rythme d’exploitation que l’Etat a exonéré Morila-SA de tous les impôts et taxes pendant les trois premières années de production (article 22-2). La convention aussitôt signée, le calcul de Morila-SA a consisté, pendant les trois premières années de production, à exploiter et extraire le maximum d’or. Et ainsi au lieu de 11 tonnes par an, elle a exploité :
| Années | Nb de tonnes exploitées |
|---|---|
| Années 2000 (quelques mois) | 4,208 tonnes |
| Année 2001 | 23,442 tonnes |
| Année 2002 | 38,915 tonnes |
| Année 2003 | 16,650 tonnes |
Au total Morila-SA a exploité 83,216 tonnes pour trois années d’exploitation, soit plus des 2/3 de la réserve de la mine. A ce rythme, la durée de la mine se limitera à cinq (5) ans, au lieu de onze (11) et au lieu de payer l’impôt à l’Etat malien pendant huit (8) ans, elle ne le fera que pour deux (2) ans. En trois (3) ans, Morila-SA a produit de l’or pour une valeur de cinq cent (500) milliards de francs cfa. Au rythme conventionnel, elle aurait du produire trente trois (33) tonnes. L’excédent produit pour fuir le payement de l’impôt à l’Etat ( bien entendu avec sa complicité) est de cinquante (50) tonnes soit une valeur de trois cent (300) milliards de francs cfa. Ce que Morila-SA fait semblant d’ignorer avec le soutient des plus hautes autorités, c’est que si cette surproduction intense lui évitera de payer beaucoup plus d’impôts à notre pays, à l’inverse la convention collective a prévu qu’en cas de dépassement de la production sur les prévisions fixées, la société est contrainte de payer aux travailleurs un pourcentage sur le taux de dépassement. C’est la prime de rendement que Morila-SA refuse de payer et pourtant il est stipulé à l’article 32 de la convention d’établissement que le droit applicable est celui de la République du Mali.