La Radio Libre Kayira

Les communicateurs traditionnels mobilisent contre l’excision

lundi 13 octobre 2008 par Siaka Z. TRAORÉ

Une convention entre Intermedia/consultants et 4 radios privées de Bamako est signée

Il s’agira au cours du reste du dernier trimestre de l’année 2008 et durant toute l’année 2009 d’exécuter des tâches comme la couverture médiatique des séances de sensibilisation des communicateurs traditionnels, de diffuser régulièrement des spots contenant les messages élaborés dans le cadre du projet et enfin remettre une copie de tous les éléments diffusés à la coordination nationale du projet pour archivage et mise en ligne sur le site web du projet.

Cette convention signée le mardi 23 septembre 2008 dans les locaux du réseau des communicateurs traditionnels a regroupé outre les représentants des dites radios à savoir Kayira, Jèkafo, Benkan et Guintan, le 1er responsable de Intermedia/Afrique Martin Faye, journaliste sénégalais.

A en croire les propos de M. Faye cette activité est inspirée par l’organisation Internationale de la francophonie. Comme nouveauté dans la lutte contre la pratique de l’excision, il s’agira de recourir aux mécanismes traditionnels de la communication dans nos sociétés. Puisque les griots jouent un rôle de premier plan dans la communication traditionnelle c’est la raison pour laquelle leur réseau ( RECOTRADE) a été sollicité a souligné Martin Faye.

Le projet, faut-il le noter, couvre 4 pays. En plus de la ville de Bamako au Mali, il concerne également les zones malinképhones des pays comme Bobodioulasso au Burkina Faso, Kankan en Guinée Conakry et Tambakounda au Sénégal.

Le fait de cibler ces zones toutes frontalières avec le Mali a à la fois une signification et une explication car elles sont sur une même aire géographique. Loin de comprendre que les Malinké pratiquent plus l’excision que les autres communautés de ces différents pays. Si ces zones ont été ciblées c’est à cause de l’unité de culture et l’unité de langue. Cela permettra aux radios partenaires quelque soit le pays de travailler dans la même langue et d’échanger plus facilement les éléments, les émissions produites dans le cadre dudit projet, a enfin noté M. Faye.

Par ailleurs, il est à mentionner que l’excision et l’infibulation sont des mutilations sexuelles féminines. Les pratiques consistent à ôter une partie des organes génitaux externes de la petite fille, de l’adolescente ou de la jeune femme. Elles sont pratiquées essentiellement en Afrique mais aussi au Proche-Orient, en Inde, etc. Les pratiques de mutilations sexuelles sont variables selon les pays, les ethnies et les générations. Elles sont effectuées à tous les âges : du nourrisson à l’adolescente ou la jeune femme avant le mariage ou juste après le premier enfant.

L’excision, aux dires de ses partisans, hommes ou femmes, préserve la virginité de la femme jusqu’au mariage, contrôle sa sexualité, assure fidélité à son époux, et permet de consolider la domination masculine. Malgré des campagnes d’information, et de sensibilisation et l’existence d’associations qui luttent contre le phénomène, le poids des traditions, celui de la religion musulmane surtout, rend difficile l’abolition de ces rites pratiqués depuis des générations.


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