La Radio Libre Kayira

Assassinat du secrétaire général SADI de Niono

mardi 12 août 2008

Un an après, les enquêtes prises en otage Qui a réellement assassiné le responsable de la section SADI de Niono ? Qui sont les vrais commanditaires de l’acte crapuleux ? Quelles sont leurs vraies motivations ? Une année après le crime odieux, l’évolution des enquêtes ne permet malheureusement d’aboutir à aucune piste susceptible de faire éclater la vérité. Ce, à la grande déception de la famille du défunt, de la formation politique, des démocrates et de tous ceux qui clament une distribution équitable de la justice.

Il y a exactement un an, jour pour jour, que le secrétaire général de la section du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), en la personne de Youssouf Dembélé, venait d’être la cible d’une mafia organisée à Niono qui a commandité et mis en exécution son plan d’élimination physique.

On se rappelle, les circonstances de la mort du leader politique remontent ce samedi 12 août 2007 dans la matinée vers 8 heures, quand son corps a été retrouvé dans son champs (situé à environ 5 kilomètres de Niono) gisant dans le sang. Selon les premiers témoignages, Youssouf Dembélé aurait été vraisemblablement attaqué dans son sommeil dans la nuit du samedi au dimanche. Son ou ses agresseurs, qui n’ont pas encore été identifiés, lui ont asséné plusieurs coups de machette sur la tête et lui ont fracturé l’avant-bras.

Les mêmes témoignages révèlent que la victime avait presque élu domicile dans son berger où il passait habituellement la nuit avec sa famille. Malheureusement cette nuit là, il était seul. C’est un de ses enfants venus lui apporter le petit déjeuner, qui a découvert son corps sans vie, et alerta la famille.

En dehors de ses activités paysannes, Youssouf Dembélé était donc un militant très engagé et porte-drapeau des idéaux de son parti. C’est à ce titre qu’il avait très souvent animé sur les ondes de la radio « Kayira » de la localité l’intense campagne électorale menée par ladite formation politique. La présence à ses obsèques, le lendemain de son assassinat, d’une forte délégation du parti SADI avec à sa tête son président Cheick Oumar Sissoko et comprenant notamment le secrétaire général du bureau national Dr. Oumar Mariko, témoigne de l’engagement politique et de la place qu’il occupait au sein de ce parti.

« Youssouf Dembélé est mort pour ses convictions politiques. Il est mort pour avoir parlé. Il a été assassiné pour avoir déclaré le lundi 6 août 2007 à la Radio Kayira : « si la Cour constitutionnelle confirme nos résultats, je donnerai aux nouveaux élus le reste des documents que je détiens sur les magouilles de la direction de l’Office du Niger… Ces documents ont disparu après le crime » avait déclaré, en son temps, le secrétaire général du bureau national, Oumar Mariko, dont le parti soutient la thèse d’un « assassinat politique »

Bref, Youssou Dembélé dit « Kolondougou-Planteur » était non seulement un paysan, comme son sobriquet l’indique, mais également un des responsables les plus influents du parti SADI dans la circonscription électorale de Niono où la formation politique, en alliance avec le BDIA, a enlevé les trois sièges à pouvoir à l’Assemblée nationale lors des dernières élections législatives.

On comprend alors aisément l’émotion qui a envahi la ville à l’annonce de son assassinat. Agé de 59 ans, époux d’une femme et de quatre enfants, l’homme aura marqué sa vie par son engagement en faveur d’une gestion orthodoxe et équitable de l’Office du Niger où la terre revenait aux paysans, et où l’injustice et le pillage des ressources soient bannis à jamais. Malheureusement, son combat fut écourté par des inconnus qui l’en voulaient à mort. Une année après le crime crapuleux, les enquêtes demeurent véritablement au point mort. Car le dossier, qui a connu plusieurs rebondissements, ne dégage aucune évolution permettant d’espérer sur un éclatement de la vérité dans les jours à venir. Ce, malgré la mise sous mandat de dépôt du neveu du défunt, Ousmane Dembélé, (soupçonné) et le transfert du dossier au juge de paix à compétence étendue de Bla. Car Dramane Barré, juge de Niono ayant été dessaisi de l’affaire, car explique-t-on, sa démarche ne semble permettre de tirer l’affaire au clair. Mais plus de huit mois après ce transfert de dossier, rien ne semble filtrer dans l’évolution des enquêtes.

Mis sous mandat de dépôt dans le cadre des toutes premières enquêtes, l’homme qui avait attiré tous les soupçons des autorités judicaires, en la personne de Alpha Djénépo, a vite bénéficié d’une mise en liberté au grand dam du bureau national formation politique qui s’interrogeait sur les bien-fondés d’une telle « mascarade judiciaire ».

A ce jour, si le neveu du défunt, en la personne de Ousmane Dembélé, est toujours détenu en prison, « sur la base de dénonciation et de comportement douteux » dans le meurtre, les enquêtes n’ont pu dégager d’autres pistes permettant de démasquer les vrais commanditaires du crime.

Qui a réellement assassiné Youssouf Dembélé ? Qui se cachent derrière l’acte odieux ? Quelles sont leurs vraies motivations ? Voici en effet autant d’interrogations qui demeurent sans réponses un an après la mort du responsable politique. Ce, à la grande déception de la famille du défunt, de son parti, des démocrates et de tous ceux qui clament une distribution équitable de la justice.

Issa Fakaba SISSOKO


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