dimanche 27 juillet 2008
La rencontre a mobilisé les travailleurs des sociétés et entreprises d’Etat privatisées ou en passe de l’être en l’occurrence l’HUICOMA, la BETRAM, la CMDT et de nombreux auditeurs de Radio Kayira.
A la question de savoir si on doit répondre oui si les privatisations au Mali ont comblé les attentes des populations, Balla Konaré l’un des conférenciers, non moindre professeur de droit international privé à la FSJP répond non. « Les privatisations dans notre pays ont été une déception totale » a souligné professeur Konaré.
Il ajoutera que les privatisations à l’état actuel ont des conséquences désastreuses sur le Mali.
En terme d’alternative professeur Konaré a invité le peuple à se « lever ». Tout ce que le peuple vit comme conséquences relatives à ces privatisations sont liées à la qualité des hommes qui dirigent aujourd’hui le pays. Ces hommes et femmes ne sont pas à la hauteur, ils ne que des apatrides a-t-il soutenu.
C’est pourquoi il invite le peuple à choisir des hommes dignes capables de défendre ses intérêts et non ceux des institutions financières internationales comme la banque mondiale et le FMI.
Enfin, pour Balla Konaré les autorités de la 3ème république ne se sont pas montrées à hauteur de mission, la rénationalisation de toutes les sociétés et entreprises bradées par les dirigeants est la deuxième alternative qu’il propose.
Présent à la conférence le secrétaire général de la filière coton de la compagnie malienne pour le développement des textiles a parlé dans son témoignage de privatisation non préparée.
Pour Zakariyaou Diawara l’Etat, avant de procéder à la privatisation d’une société ou d’une entreprise, l’Etat doit définir le plan social des travailleurs de ladite structure. Autrement dit, l’Etat doit avoir des mesures d’accompagnement et il doit être le garant en cas de non respect des clauses entre le preneur de l’entreprise et les employés.
Le secrétaire général Zakariyaou n’a pas manqué de dire que toutes les expériences des privatisations dans la sous région ont échoué. Le gouvernement malien pour lui devrait s’inspirer des exemples du Bénin, du Burkina Faso avant de prendre une décision unilatérale de mettre dans la rue plus de 5mille travailleurs de la CMDT.
Le témoignage du porte-parole du collectif des ex travailleurs de HUICOMA est patent et en dit long sur leurs conditions de vie.
Selon Ibrahim Diarra plusieurs ex travailleurs de HUICOMA ont été délogés de leurs maisons par les propriétaires parce que les travailleurs ont été incapables de payer les frais de location. Mieux, il ajoutera que certains de ses collègues malades ont même perdu la vie faute de manque de soins. D’autres également ont été abandonnés par leurs épouses car ne pouvant plus tenir. M. Diarra notera également que l’avenir de leurs enfants est compromis surtout si on sait que depuis le bradage de HUICOMA au groupe Tomota les ex travailleurs courent derrière leurs droits il y a plus de 2 ans.
Au paravant le Directeur Général du Réseau Kayira, dans son intervention a présenté le partenariat entre sa structure et la fondation Rosa Luxemburg d’Allemagne. Ce partenariat, dira Dr Oumar Mariko, est une reconnaissance des luttes que mène son réseau de radios privées à travers le pays.
Par Hassana Kanabaye