La Radio Libre Kayira

Projet de loi sur la sécurité en biotechnologie

jeudi 5 juin 2008

Le REDECOMA dit non à l’introduction des OGM dans notre agriculture

Le projet de loi soumis à l’Assemblée Nationale par le gouvernement sur la sécurité en biotechnologie sera au cœur des débats le 15 juin prochain selon nos sources. La première ligne de cette loi est occupée par les organismes génétiquement modifiés.

Cette annonce a suscité beaucoup de réactions de la part de la société civile qui apprécie très mal ce projet de loi. Le regroupement des consommateurs du Mali une de ses composantes n’est pas resté en marge de la campagne d’information de l’opinion nationale à propos des conséquences désastreuses que va entraîner l’introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agriculture malienne dit-il.

Au cours d’un entretien que le président du REDECOMA a accordé à quelques confrères le mardi dernier Badou Samounou ne cache pas son sentiment de déception quand il s’agit de l’attitude adoptée par l’Assemblée Nationale sur la question.

Badou dit comprendre mal les députés qui ne veulent pas écouter le peuple qui les a mis à l’hémicycle.

Les autorités avec à leur tête le président de la république doivent comprendre que même si on a avec soi la majorité à l’Assemblée Nationale on ne doit pas voter une loi sans discernement surtout une loi comme celle relative aux OGM a dit Badou du REDECOMA au cours de l’entretien.

Il faut, a-t-il poursuivit, que les députés tiennent compte des préoccupations des populations qui les ont élu.

« Nous avons besoin de protéger nos petits agriculteurs. Mais, ils ne pourraient être protégés que lorsqu’ils ont la possibilité de conserver leurs semences » . C’est la raison pour la quelle le regroupement des consommateurs du Mali dit non à l’introduction des organismes génétiquement modifiés dans notre agriculture a souligné M. Samounou.

Badou s’est ensuite adressé aux journalistes aux quels il a accordé l’entretien en ces termes. « Vous voyez, quand vous partez dans nos villages sur les vestibules, vous voyez les semences raccrochées. Cela signifie que c’est une garantie. C’est-à-dire lorsque la pluie tombe on a la semence à notre disposition.

Alors que lorsqu’on dépend de l’extérieur, autrement dit, si les semences doivent venir des Etats-Unis d’Amérique, du Brésil ou ailleurs en occident il suffit seulement d’une catastrophe pour qu’ils changent les données. Les occidentaux sont même capables de vider une cargaison de semences pour y mettre des armes pour aller livrer cela ailleurs parce que c’est plus payant ».

Donc, la question de nos semences doit être perçue par nos autorités comme une question de souveraineté. Cela m’amène moi-même à me demander si notre pays a une politique de consommation s’est interrogé Badou Samounou avant d’ajouter que si ce n’est pas le cas il faut que le gouvernement s’attèle à le faire.

Rappelons que ce projet de loi, initié par le ministre de l’environnement et de l’assainissement, a été adopté par le conseil des ministres en sa séance du 28 février 2007.Le projet de loi comporte 78 articles repartis en 14 chapitres.

La présente loi, faut-il le signaler s’applique à l’importation, l’exportation, le transit, l’utilisation confinée, la libération ou la mise sur le marché de tout organisme génétiquement modifié (OGM).

Siaka Zamongon


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