jeudi 5 juin 2008 par Siaka Z. TRAORÉ
Document de 464 pages, le rapport 2008 de Amnesty International, à en croire l’exposé du Président de Amnesty Mali, rend compte de façon sommaire de la situation des droits humains dans 150 pays et territoires. Le rapport selon Makan Koné couvre la priode allant de janvier à décembre 2007 et donne à voir un monde déchiré par les inégalités, les discriminations et la répression politique.
Au cours de la cérémonie qui a eu lieu à l’Hôtel Sofitel Amitié mercredi dernier, les responsables de Amnesty International Mali se sont sentis à l’aise quand il s’est agit de la question relative à l’abolition de la peine de mort dans notre pays.
D’ailleurs, une partie du discours liminaire du Président Koné y a été consacrée. « L’année 2007 a été marquée par un certain nombre de mesures encourageantes concernant l’évolution de la peine de mort, ce qui vient confirmer le fait que les Etats africains sont de plus en plus nombreux à devenir abolitionnistes de droit ou de fait. Si la sentence capitale demeurait en vigueur dans plusieurs pays, les exécutions n’ont pas été nombreuses » a-t-il souligné.
Et Makan Koné de poursuivre que le Rwanda a aboli la peine de mort en juillet dernier. Le Ghana a annoncé en septembre son intention de faire de même, si le Parlement se prononçait en ce sens. Quant au Mali, en octobre, son gouvernement a soumis à l’Assemblée Nationale un projet de loi relatif à l’abolition de la sentence capitale.
L’occasion était toute trouvée pour le Coordinateur peine de mort de Amnesty Mali d’expliquer à la presse les avantages qu’offraient à notre pays de voter la loi relative à l’abolition de la peine de mort. Pour Mohamed El Béchir Singaré l’abolition de la peine de mort n’est nullement synonyme d’impunité comme le pensent beaucoup de Maliens. Au contraire, la loi, si elle venait à être voter ne protégera personne. Seulement aucune personne ne sera tuée parce qu’il a tué.
Mohamed El Béchir Singaré a ajouté dans son intervention que malheureusement, la plupart des cas de personnes tuées de part le monde comme le stipule la peine de mort sont généralement des opposants politiques.
Ces propos du Coordinateur peine de mort de Amnesty Mali laissent croire que l’organisation de défense des droits de l’homme ne perd pas pour autant courage à propos de sa campagne de sensibilisation sur la question. Même si le projet de loi du gouvernement malien déposé à l’Assemblée Nationale sur l’abolition de la peine de mort il y a quelques mois avait fait une levée de boucliers au sein de la communauté musulmane qui voyait en la loi une transgression à la religion musulmane.
Siaka Z. Traoré