La Radio Libre Kayira

Le FDR reconnaît le Président ATT !

mercredi 23 mai 2007

Le Front pour la Démocratie et la République ( FDR) a annoncé dimanche avoir pris acte de l’arrêt de la Cour Constitutionnelle, laquelle a proclamé Amadou Toumani Touré vainqueur du scrutin présidentiel du 29 avril dernier.

C’était au cours du meeting qui a réuni leurs militants qui attendaient impatiemment la réponse de leurs leaders à propos de la situation de crise engendrée par cette réélection du candidat Amadou Toumani Touré.

Le chef de fil de ce regroupement politique Ibrahim Boubacar Keita, après avoir expliqué de fond en comble les causes de la crise qui a éclaté aux lendemains de la proclamation des résultats provisoires par le Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, a réaffirmé la position officielle du FDR :

Reconnaissance de Amadou Toumani Touré comme Président de la République, refus catégorique de toute option va-t-en guerre et poursuite (dans le cadre strict de la légalité républicaine) de la lutte pour la réunion de meilleures conditions pour des élections législatives transparentes, crédibles et honnêtes.

Ibrahim Boubacar Keita n’a pas manqué d’évoquer subtilement le scénario électoral désastreux de 1997 et l’attitude jusqu’auboutiste de certains dirigeants du Collectif des Partis Politiques de l’Opposition (COPPO) d’alors, aujourd’hui dans le camp du Président réélu.

Sans aller à une comparaison des deux crises post-électorales, le porte-parole du FDR s’est appesanti sur le choix politique fait par son camp, un choix fait de réalisme, de responsabilité, qui évite la confrontation et l’instabilité.

Cependant, si l’attitude du FDR peut à juste titre être considérée comme courageuse et responsable, elle peine à démontrer sa pertinence pratique et les dividendes qu’elle pourrait générer du fait de l’absence de perspectives concrètes, devant les problèmes réels qu’il a soulevés au cours de ses différentes sorties publiques et les exigences qu’il a formulées : L’audit du Fichier électoral, la confection de nouveaux bulletins de vote pour éviter les fraudes massives lors des prochaines élections législatives.

C’est là que le FDR pouvait rallier l’immense majorité de nos concitoyens, réduits à constater que le dispositif électoral actuel ne permet pas l’expression de la sanction populaire.

Il faut prendre une initiative politique en direction de toute la classe politique sans exclusive et sans a priori pour poser cette exigence fondamentale sans laquelle, nos institutions ne seront ni crédibles, ni légitimes. IBK et ses alliés doivent aller dans cette direction afin de transformer leur « victoire morale » en une victoire politique indiscutable pour tous ceux qui aspirent à voir notre système démocratique plus transparent.

Avant eux, le Parti SADI s’était toujours inscrit dans cette perspective. Ses nombreuses dénonciations de la loi électorale, et de la façon dont les autorités pilotent notre processus électoral, n’ont pas eu d’échos dans la classe politique. Le rapport de force ne lui a pas permis de changer la donne.

Malgré tout, il a bataillé politiquement et dans le cadre de nos institutions (à l’Assemblée Nationale par exemple) et au niveau du Président de la République pour ne pas faire adopter la loi électorale qui constituera une entrave au développement de la conscience politique des maliens, en ce sens qu’il est un code électoral censitaire, antidémocratique, source de fraude, de corruption, de violence, de chantage.

Si le FDR ne rend pas lisible sa nouvelle stratégie de lutte à travers l’élaboration d’une plate-forme politique minimale claire et ouverte à tous autour de la question électorale, il est à craindre que de nouvelles contestations, cette fois-ci plus radicales, ne surgissent dans le débat politique.

Les combinaisons et autres compromissions des Etas-Majors politiques ne serviront à rien. Les cessions programmées et les négociations secrètes établiront leurs limites. Les citoyens floués refuseront d’être du bétail électoral qu’on pourra conduire à l’abattoir dès que la diplomatie du carnet de chèque aura « normalisé » l’espace politique. C’est en cela que l’exigence de clarification s’impose au F.D.R.

La Rédaction


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