mercredi 23 février 2005
L’association Radio Libre Kayira a vu le jour en 1993. Elle s’est fixée comme objectif la promotion des valeurs culturelles positives de notre pays par la promotion des radios libres. L’association s’est activée à créer des radios libres dont la première a vu le jour en juin 1993 à Bamako grâce aux cotisations des initiateurs, des populations civiles maliennes, martiniquaises et européennes.
Ces radios ont vu le jour après la chute du régime dictatorial de I’UDPM de Moussa Traoré. C’est justement pour éviter le retour d’une telle dictature qui a réprimé et opprimé notre peuple que les fondateurs de l’Association Radio Libre Kayira ont décidé de trouver un moyen d’expression au peuple pour l’aider à s’organiser afin de s’émanciper de l’exploitation dont il est victime de la part de la bourgeoisie locale et des puissances financières internationales à travers le FMI, la BM et les multinationales. Ces forces conjuguées ennemies de la démocratie aliènent notre peuple et empêchent l’émergence de société civile responsable puisque consciente de ses intérêts.
Le choix d’une telle voie a permis l’élaboration d’une ligne éditoriale mettant les Radios Kayira au service des paysans moyens et pauvres, des artisans, ouvriers, des chômeurs, des travailleurs exploités,etc. Cet engagement des radios Kayira a permis la création d’un nombre impressionnant de clubs de soutien, de sympathisants à un tel point que les auditeurs mêmes ont nommé la radio la « Radio des sans voix ».
Ces clubs créés partout où se trouvent les radios kayira se sont identifiés aux différentes émissions, aux animateurs des radios et à l’expression des valeurs soutenues par la radio. L’administration a réagi pour changer les noms des clubs liés aux animateurs afin d’éviter des conflits interpersonnels inutiles.
Dès leur création, les militants des clubs étaient conscients de leur rôle :
Servir de rempart contre les exactions éventuelles des forces antidémocratiques tapis au pouvoir.
Propager le message de radio kayira.
Soutenir financièrement et matériellement les radios afin qu’elles mènent à bien leurs missions. Les radios kayira ont alors dénoncé la mauvaise gestion, les détournements des fonds publics par les autorités politiques et administratives.
L’imposition des mesures économiques spoliatrices du FMI de la BM, la répression des élèves et étudiants par le régime de I’ADEMA et de Alpha Oumar Konaré, la création de milice ethnique au nord du Mali contre les touaregs et les exactions de la rebellions touareg contre les populations civiles.
Les radios Kayira ont dénoncé les expulsions des maliens de France, de certains pays africains, la répression des maliens de la RCI et les assassinats de certains d’entre eux par les autorités de ce pays.
Les radios ont aidé à créer l’Association des Maliens de l’Extérieur, le Collectif de Soutien aux Maliens de l’Extérieur, organisé des marches de soutien aux peuples irakiens, palestiniens, congolais contre les agressions américaines, juives,rwandaises, ougandaises.
Ces actions ont été organisées, amplifiées par les clubs de soutien. La radio et ses clubs ont gagné en sympathie et en audience au sein du peuple. Le régime de I’ADEMA-PASJ a réagi et sévi arbitrairement. Outre l’intimidation d’opérateurs économiques pour les empêcher de donner les publicités,avis et communiquer source de revenu aux radios, le régime a procédé par des descentes policières fréquentes, les arrestations, du personnel et des responsables citons entre autre :
Exile forcé du Directeur Général faussement accusé de meurtre du policier Moussa Diarra en août 1997.
Fermeture à titre conservatoire sur instruction du Premier Ministre Ibrahim Boubacar Kéita de la radio kayira en 1994.
Forte pression sociale et économique sur les administrateurs délégués en vue de leur débauchage ou d’obtenir d’eux le sabotage de la radio comme en 1997 à Bamako
Débauchage des animateurs du Réseau.
Certains comportements de l’administration générale, de la justice, des forces de sécurité, contre les populations rurales (éleveurs, paysans, pêcheurs, artisans) sont dignes de l’époque coloniale. Dans ces zones l’injustice, la répression constituent la règle, la justice et l’équité l’exception.Ces pratiques dénoncées en permanence par les radios Kayira ont incité le développement des clubs dans ces régions. Citons entre autres pratiques dénoncés :
Disparition avec présomption de meurtre du jeune étudiant Mamoutou Kéita de l’Institut National des Arts.
Collusion entre des commerçants receleurs, des voleurs, des forces de sécurité et de la magistrature dans le cercle de Koutiala.
Déguerpis illégal et illégitime de 8000 familles pauvres de Niamakoro, Sénou, Faladjè etc... en 1995.
Emprisonnement du journaliste noir américain Mumia Abou Jamal.
Embargo criminel américain contre l’Irak la Libye et. Cuba.
Conséquence dramatique de l’application des politiques d’ajustement structurel du FMI et de la banque Mondiale.
Enlèvement frauduleux de 53 bœufs des populations de Soroba par les huissiers de Ségou en Octobre 2003 (soutenus par le procureur et la chambre des huissiers du Mali) contre la modique somme de 500.000fcfa...
Récemment, l’arrestation des trois journalistes de la radio Kayira de Ségou montre l’attitude des pouvoirs publics face aux contre pouvoir et justifie l’engagement des populations pour les clubs Kayira.
Ces clubs sont organisés dans les villages, les quartiers et les communes en comité. L’ensemble des comités forme un Bureau de Coordination dont le président siège dans les réunions de l’administration locale des radios avec voix délibérative.
A Koutiala, les clubs ont installé dans chaque village un « lassigi den » seul habilité à transmettre à la radio pour diffusion les informations de leur localité. Ce « lassigi den » est choisi en fonction de son intégrité morale et jure de ne transmettre que des informations fiables, vérifiées.
Les clubs initient des activités socio-économiques et professionnelles et contribuent modestement aux charges des radios. Actuellement, plus de 2000 clubs rivalisent et mobilisent en moyenne 30 personnes par club. Il s’agit de mettre une organisation solide qui répond au souci du Réseau en introduisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication avec comme objectifs :
Constituer une société civile consciente.
Organiser des débats sur des questions d’actualité au niveau national et international.
Etre un rempart contre la répression du Réseau.
Informer et sensibiliser la population sur la santé et la protection de l’environnement.
Créer des activités génératrices de revenus.
La Structure des clubs
Les structures actuelles sont le Comité et la Coordination. Les Comités installés dans les villages ou quartiers, forment la Coordination. La disponibilité et l’engagement des militants à participer aux différentes activités sont les atouts des clubs. Les réunions sont des cadres d’échange entre clubs et la radio, elles renforcent les relations sociales.
Comité Le Comité constitue la base du club. Les membres et les militants se réunissent une fois par mois en Assemblée Générale. Elle est un cadre d’information et de sensibilisation sur les activités de la radio.
Coordination Elle est formée par les délégués des communes. Elles tiennent une Assemblée Générale tous les trois mois.
Fonctionnement
Les clubs sont constitués d’une certaine organisation dont
Président : il veille au bon fonctionnement du club.
Secrétaire Général : il est chargé des relations entre les associations affiliées et le bureau. Il remplace le président en cas d’empêchement.
Secrétaire Administratif : il tient le P.V. les militants sont recensés dans un registre côté et paraphé. Il s’occupe de la gestion des matériels du club.
Secrétaire à la Communication : il collecte des informations nécessaires au bon fonctionnement des activités.
Secrétaires à l’organisation : ils supervisent la mise en place des comités et l’organisation matérielle des rencontres.
Secrétaires aux Affaires Culturelles et Sportives : ils organisent des manifestations culturelles et sportives se chargent du volet social.
Secrétaire Chargé du Monde Rural : il identifie les difficultés du monde rural et propose des solutions. Il sensibilise le monde rural sur la ligne éditorial du Réseau Kayira.
Secrétaire Chargé des Finances : ils organisent des activités lucratives pour alimenter la caisse.
Commissaire aux Comptes : il contrôle les opérations financières.
Commissaire aux Conflits : il maintient l’antenne entre les membres.
Comité de suivi : il appuie le bureau de coordination et vérifie l’état d’exécution des activités au sein du club.
Tous ces gens sont élus par l’assemblée générale.
Rapport entre l’Administration du réseau et les Clubs
Bien qu’autonomes dans leur fonctionnement, les Clubs sont rattachés à l’administration, ils appuient la politique d’orientation du Réseau. L’administrateur ou son représentant préside la réunion mensuelle du bureau de Coordination des clubs. Les clubs apportent leur soutien financier aux administrations locales pour le fonctionnement des radios conformément à la correspondance de la Direction Financière. Ils organisent annuellement une Assemblée Générale de tous les clubs du Réseau dirigée, par la Direction Générale. Les clubs doivent œuvrer au renforcement de la solidarité et de la cohésion sociale au sein des radios.