La Radio Libre Kayira

Les Mauritaniens appelés aux urnes ce dimanche

dimanche 25 mars 2007

Les Mauritaniens se sont rendus aux urnes ce dimanche pour le second tour des élections présidentielles du pays. Il s’agit de l’ultime étape du processus démocratique qui permettra le retour du pouvoir aux civils, après le coup d’État militaire qu’a connu le pays en août 2005.

Quelques 1,1 millions d’électeurs ont été appelés tôt ce matin à exercer leur droit dans les 2400 bureaux de vote éparpillés dans ce pays du Nord ouest africain,en grande partie désertique.

A entendre les commentaires, jamais un pays arabe n’aura connu un tel suspense pour une élection présidentielle.

Des dix-neuf candidats présents au premier tour, deux restent en lice.

Arrivé en tête avec 24,8% des voix alors qu’il était presque inconnu il y a quelques mois, Sidi Ould Cheikh Abdallahi part favori.

Son plus proche rival, Ahmed Ould Daddah, demi-frère du premier président mauritanien, Moctar Ould Daddah, est un opposant farouche du régime déchu du président Maaouiva Ould Tava (1984-2005), aujourd’hui en exil au Qatar.

Candidat malheureux lors des scrutins de 1992 et 2003 dont il a contesté la régularité, Ahmed Ould Daddah a recueilli près de 21% des voix au premier tour.

Bien que tout semble séparer ces deux opposants, ces derniers ont toutefois quelques points en communs.

Les deux candidats, économistes de formation, ont tous deux participé aux affaires gouvernementales et travaillé pour des organismes internationaux. Ils ont tous deux, été emprisonnés sous les précédents régimes. Mais les ressemblances entre ces deux rivaux s’arrêtent là.

Sidi Ould Cheikh Abdallahi, soutenu par l’ancienne majorité présidentielle au pouvoir avant le coup d’État se présente comme « le président qui rassure ». Il est également soupçonné par ses adversaires de recevoir le soutien de membres du gouvernement issu du précédent coup d’état militaire.

Ce second tour constitue une première dans ce pays de 3,1 millions d’habitants où, depuis l’indépendance en 1960, les présidents sont arrivés au pouvoir par des coups d’États et se sont fait réélire dès le premier tour lors de scrutins pour la plupart, entachés par des fraudes.

Alors que les mauritaniens s’apprêtent à clore près de deux années de junte militaire et à élire un nouveau président de la République, personne ne sait qui va l’emporter.

Par Aicha Touré Patricia


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