La Radio Libre Kayira

Accalmie relative à Kinshasa

dimanche 25 mars 2007 par Aicha Touré alias Patricia B. Tshikudi

L’armée gouvernementale congolaise est finalement parvenue à rétablir l’ordre samedi à Kinshasa, où de violents combats l’opposaient depuis deux jours à l’armée privée de l’ancien chef rebelle Jean-Pierre Bemba.

Dans un communiqué rendu publique par la Mission des Nations unies au Congo démocratique (Monuc), cette dernière "se félicite du rétablissement de l’ordre par les forces gouvernementales à Kinshasa."

Les affrontements qui avaient éclaté dans Kinshasa, bastion de Jean-Pierre Bemba,ont débuté lorsque les éléments de la garde personnelle de Bemba ont refusé de livrer leurs armes, ainsi que l’exigeait le gouvernement.

Selon des sources diplomatiques et hospitalières, près d’une soixantaine de personnes, dont une cinquantaine de militaires, ont été tuées à Kinshasa, la capitale Congolaise, depuis jeudi dernier, premier jour des combats.

Ce bilan ne tient toutefois pas compte des nombreux blessés actuellement soignés dans les centres de la Mission de l’ONU en RDC (MONUC).

Un mandat d’arrêt pour rébellion et haute trahison a été émis contre l’ancien vice-président, réfugié dans l’ambassade d’Afrique du Sud à Kinshasa.

"C’est une rébellion. Il a violé l’article 190 de la Constitution. Il a commis une haute trahison", a déclaré Antoine Ghonda, ambassadeur itinérant attaché à la présidence.

L’ancien vice-premier ministre a de son côté lancé un appel à la cessation des hostilités, mais refuse toujours de se rendre.

"C’est une nouvelle façon de tenter de me neutraliser, parce qu’ils ne sont pas parvenus à me tuer et à décapiter l’opposition. Ma résidence est encerclée depuis deux semaines, nous ne comprenons pas pourquoi", a déclaré Bemba sur les ondes de la radio nationale belge (RTBF).

Dans la capitale kinoise, un semblant d’ordre semble avoir été établi.

En effet, selon plusieurs témoins,des actes de pillage ont été commis dans toute la ville par les éléments armés des deux camps ainsi que par des bandes d’enfants des rues.

Deux ressortissants français ainsi que l’ambassadeur du Nigeria et l’ancien candidat à l’élection présidentielle avaient été blessés par des balles perdues depuis le début des hostilités à Kinshasa.

Tous ont été évacués, mais leurs vies ne sont toutefois pas en danger selon les autorités.

Il s’agit des premiers affrontements armés depuis les élections présidentielles d’octobre 2006.

Les derniers combats opposant la garde présidentielle du président Kabila et les combattants de Jean-Pierre Bemba avaient fait une trentaine de morts en août 2006.

Rappelons que les résultats des dernières élections, premières élections démocratiques en près de quarante ans, avaient suscité beaucoup de controverse au sein de l’opposition (Jean-Pierre Bemba) qui dénonçait des irrégularités dans déroulement des élections.


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